![]() |
|
Spaces home Espace perso de jessicaPhotosProfileFriendsMore ![]() | ![]() |
Espace perso de jessica |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
June 16 etre ou paraitre
Discussion sur ;June 11 .
Les phrases qu'on ne devrait pas dire
Si tu m'aimes, tu dois me laisser partir Lorsque deux amants se séparent, mais que cette décision n'est voulue que par l'un des deux, on peut entendre sortir de la bouche de celui (ou celle) qui souhaite quitter l'autre la phrase suivante : "Si tu m'aimes, tu dois me laisser partir". Phrase que l'on peut développer de la façon suivante : "Si tu m'aimes, tu dois vouloir mon bonheur, et donc me laisser partir". Il y a du vrai dans cette phrase. Aimer, c'est effectivement vouloir le bien (ou le bonheur) de l'autre (et non vouloir son propre bien de façon déguisée, c'est pourquoi la relation amoureuse est si difficile). Or, si l'autre souhaite partir, vouloir son bien impliquerait donc qu'on facilite ce départ, ou du moins qu'on ne fasse rien pour l'empêcher (ce qui n'est bien sûr pas le cas de l'amant qui continue à "s'accrocher" à l'être aimé). Cependant, cette phrase, qui semble vraie "a priori", contient une contradiction. En effet, aimer l'autre, si c'est avant tout vouloir son bonheur, c'est tout aussi fondamentalement, vouloir être avec l'autre. Par conséquent, on ne peut pas aimer quelqu'un et vouloir qu'il parte. Vouloir quitter quelqu'un qu'on aime est contradictoire avec la définition de l'amour. On ne peut donc pas demander à quelqu'un qui nous aime de nous laisser partir, car cette demande étant contradictoire, elle est impossible. Que faire alors ? Comment sortir de ce dilemme ? Eh bien, en demandant à celui qui aime ce qu'il est possible de lui demander. Pour que le départ soit accepté, et que la contradiction soit levée, il faut demander à l'autre, non pas de nous laisser partir parce qu'il nous aime, mais d'arrêter de nous aimer. Car ce n'est que lorsque l'autre ne nous aimera plus qu'il pourra nous laisser partir. "Comment peut-on demander à quelqu'un d'arrêter d'aimer ?" me direz-vous. Les sentiments sont en effet par nature des choses que l'on ne contrôle pas... Qu'il soit difficile d'agir sur ses sentiments est indéniable. Mais que cela soit difficile ne signifie pas que cela soit impossible (d'ailleurs, la phrase "Tu dois arrêter de m'aimer", n'est pas contradictoire). Cela nécessite "simplement" (si je puis m'exprimer ainsi) des efforts, un véritable travail sur soi-même, et surtout beaucoup de temps. Certains sentiments ne disparaissent d'ailleurs jamais. Mais puisque là s'arrête notre pouvoir, il faut bien apprendre à vivre avec. Apprendre à vivre avec ses sentiments, c'est là la terrible condition humaine. Traitement logique :
Soit a = aimer une personne. Soit b = vouloir le bonheur de cette personne. Soit r = être avec une personne, et donc ér = ne pas être avec la personne (plus précisément ici, se séparer de la personne). La phrase : "Si tu m'aimes, alors tu dois vouloir mon bonheur, et donc me laisser partir" qui peut aussi se dire si on la simplifie : "Si tu m'aimes tu dois me laisser partir", s'écrit alors : a -> ér
Avec les différentes phases du raisonnement, qui sont les suivantes : si tu m'aimes, tu dois vouloir mon bonheur. Je serai heureux(se) si tu me laisses partir, donc tu dois vouloir me laisser partir.
(a -> b) ^ (b <-> ér) -> (a -> ér)
Examinons la définition de a. Aimer, c'est vouloir le bien de l'autre, mais c'est aussi vouloir être avec l'autre. On a donc : a -> (b ^ r)
On constate donc que a entraîne à la fois r et ér , ce qui est contradictoire. La phrase "Si tu m'aimes tu dois me laisser partir" est donc illogique car contradictoire. C.Q.F.D Peu de temps après avoir écrit cet article, un sujet qui a fait les gros titres des actualités m'a conduit à repenser mon propos. Il s'agit de la question de l'euthanasie. Un enfant qui demande à sa mère (je prends ici l'exemple d'une mère et de son fils, mais il va de soi que la situation est la même pour n'importe quelles personnes proches) de l'aider à mourir se trouve exactement dans la même situation que décrite précédemment : "Si tu m'aimes, tu dois me laisser partir". Or, il paraît impossible de demander à une mère de tuer son fils, et on ne peut pas non plus lui demander d'arrêter d'aimer celui-ci. Comment alors expliquer les cas de ces mères qui ont mis fin aux jours de leur enfant suite à ses demandes répétées ? A aucun moment elles n'ont cessé d'aimer leur enfant, et pourtant, elles ont accepté de le laisser partir.
Quand on veut, on peut Je me rappelle très bien d'une phrase de mon professeur de français en 6e. Alors que nous avions fait la liste des 100 verbes les plus utilisés dans la langue française (curieuse idée me direz-vous), et tandis que nous étudions les premiers verbes de cette liste, mon professeur nous avait dit : "Le verbe "faire" est le 4e verbe le plus usité. Mais il faut savoir que seul, ce verbe n'est rien. Il a besoin de trois autres verbes : les verbes "vouloir", "savoir" et "pouvoir". Ce n'est en effet qu'en voulant une chose, en sachant la faire, et en pouvant la faire, que nous faisons cette chose". Cette remarque m'avait particulièrement frappée, car je la trouvais extrêmement pertinente. Elle mettait en outre en évidence un fait indéniable : il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir, car entre les deux s'immisce au moins la nécessité d'un savoir. Autrement dit, il n'est pas vrai que "quand on veut, on peut". "Les promesses extravagantes contenues dans le dénouement des contes de fées pourraient, elles aussi, conduire au désenchantement si elles concluaient une histoire réaliste ou si elles étaient présentées comme quelque chose qui se passera dans l'environnement de l'enfant. Mais le conte commence et se termine au pays des fées, un domaine où l'on ne peut pénétrer que par l'imagination". L'enfant comprend bien que le monde des contes de fées n'est qu'un monge imaginaire, qu'il n'est pas réel. S'il nous apprend des choses sur notre propre monde, on ne saurait les confondre, c'est pourquoi on ne peut ramener le premier au second. Il n'est donc pas vrai que "quand on veut on peut". Certes, la volonté est nécessaire pour pouvoir atteindre nos objectifs (à moins d'avoir beaucoup de chance, mais se reposer sur la chance n'a jamais constitué une solution satisfaisante), mais elle n'est pas pour autant suffisante.
PROVERBES AFRICAINS
Pour qu'un enfant grandisse, il faut tout un village Que celui qui n'a pas traversé ne se moque pas de celui qui s'est noyé
[Proverbe africain]
Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits
Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||